Cartéidoscope

Cartéidoscope, 2018, Dessins et photographies, impression papier satiné, 29,7 cm x 29,7 cm

J’ai dessiné des cartes passées sous le prisme de la photographie. Je les ai donc retravaillées pour qu’elles semblent être des négatifs photographiques. La ligne du tracé de la carte devient un tracé de lumière sur l’obscurité de la surface du support. La zone d’ombre pouvant s’étendre au-delà de toutes les possibilités symboliques, au-delà de notre propre univers.

J’ai donc fait preuve d’accumulation, en multipliant des parties de cartes jusqu’à obtenir un effet kaléidoscopique, chacune de mes cartes pouvant créer une réalisation différente. Je réalise un trucage par le montage de l’effet lumineux dans le kaléidoscope, donnant à la représentation photographique une abstraction figurative.

Pandora

 

Pandora, 2015-2016, Photographie numérique, tirage papier satiné, 29,7 cm x 42 cm

La série Pandora donne à travers la photographie un échange intergénérationnel et social. Les cocottes ont été réalisées par plusieurs enfants de 6 à 10 ans dans une école du 17éme arrondissement de Paris, nous avons par la suite demandé de jouer avec auprès de différents SDF du quartier. Ils se sont prêtés aisément au jeu, se rappelant leur propre petite enfance.

L’objet de la cocotte a cela de transversale, d’être intergénérationnelle, mais il est aussi un objet empreint de magie, une sorte de boîte de Pandore comme la jarre dans laquelle se trouvaient tous les maux de l’humanité dont on interdit Pandore de l’ouvrir. Par curiosité, elle ne respecta pas la condition et tous les maux s’évadèrent pour se répandre sur la Terre. Seule l’espérance resta au fond du récipient, ne permettant donc même pas aux hommes de supporter les malheurs qui s’abattaient sur eux. Ce malheur est physique, viscéral sur les photographies, les mains symbolisent l’âge et la condition sociale, perdu dans la noirceur, là où la boîte créée par les enfants devient finalement un nouvel espoir de couleur. La joie se liant alors aux notions de jeux et de nostalgie.

Rastafari

 

Rastafari, Photographies papier satiné, 2015-2016, Dimensions variables

En 2015 je réalise un travail dans une esthétique plus proche du photojournalisme et du rapport anthropologique, dans la série Rastafari. Dans la continuité de mon travail sur un couple dans la rue je m’insère petit à petit dans leur vie, j’en suis venu à en dégager une mythologie de la culture du rasta.

Par le prisme de la photographie j’essaie de comprendre l’insertion de la culture, de la tradition dans le quotidien. Vivre au sein d’une famille aux coutumes différentes, chercher à les comprendre pour devenir un membre à part entière. Du port du BOB à la nourriture Boucanée, toutes ces habitudes ont une signification profonde et historique.

Les espaces oubliés

 

Les Espaces oubliée, photographie papier satiné, 2015-2016, 29,7 cm x 42 cm

Les espaces oubliés, est une série urbex, principalement réalisée sur les hauteurs de la route des Goudes à Marseille, où vieux bunkers, et habitations en friche côtoient le bord de mer méditerranéen.  D’autres photographies encore proviennent d’une veille usine à béton au cœur des calanques marseillaises, et d’autres issues de mon premier habitat dans ma petite enfance, un retour sur les traces d’un passé personnel, où le temps et la nature ont repris leurs droits.

Le songe d’une nuit d’hiver

 

Le songe d’une nuit d’hiver, Tirage photo satiné, dimensions variables, 2014-2015

Le songe d’une nuit d’hiver, très inspirée des Migrants (2009) de Mathieu Pernot, leur donne une réelle dimension christique. Ces pauvres, ces gens, considérés comme des déchets par une partie de la population, ont commencé à avoir une image mythique pour moi, devenant des héros à l’image d’un Christ rédempteur, et par extension, des personnages légendaires, idéaux, faisant preuve de courage et d’abnégation.

Bien qu’ayant toujours été attiré par ces êtres « hors normes », j’en suis venu à vouloir créer un parallèle avec les images mythiques de notre inconscient, afin de les rendre visibles à travers mes photographies de mendiants.

Le mendiant n’est pas seulement le personnage du héraut, il est aussi le héros. En effet, le héraut est généralement un mendiant, un vagabond, mais il peut être aussi un dieu comme Hermès (dieu des mendiants) mais surtout, il peut être un dieu ayant pris l’apparence du pauvre. Et c’est avec cette apparence qu’il fait naître la figure du héros chez l’autre en tant que guide. Le héros se faisant vagabond, une confusion se crée alors entre les actes divins du personnage et l’apparence qu’il dégage. Apparence, toujours plus importante, car elle émeut par les sentiments contraires qu’elle peut évoquer, une dualité que l’on retrouve dans les figures du divin. Le mendiant fait figure de Christ sur terre puisqu’une identification physique entre les deux personnages se crée dans l’inconscient collectif. Le mendiant devient la figure du sage qui communie avec les dieux. Au cours de l’histoire cette image a donc été encouragée par l’église, ce qui a permis, un certain temps, de pérenniser la stature mythique du mendiant. Mais aujourd’hui, comme le héros en son temps, le sans-abri se veut une représentation directe de la condition humaine.

Tags Flou

Tags Flou, Tirage photo satiné, 59,4 cm x 84,1 cm, 2014-2015

Le travail des Tags flou est issu d’une réflexion de JonOne qui s’émerveillait des travaux des Street Artist à l’entrée des villes. Lorsque l’on pénètre la ville en train, les tags le long des voies de chemin de fer se floutent par la vitesse de déplacement, et ne deviennent qu’une vague de couleur. La question qui se pose alors c’est comment rendre cette expérience visible par la photographie ? Il ne s’agit pas de prendre des tags en photo mais bien de recomposer une nouvelle imagerie, de figer un mouvement et une impression.

Ce travail est par la suite montré et tiré dans un format de 59.4 cm x 84.1 cm pour recomposer une vue de l’intérieur d’un train. Le cadre de l’image est lui, comme une fenêtre ouverte sur le monde, il permet d’accéder pour le spectateur au monde imaginaire. Et ce qui est hors du cadre n‘est que possible prolongement de l’imaginaire par le spectateur. L’espace d’exposition peut devenir un train immobile où l’impression du mélange de couleurs est figée dans une opposition au mouvement apparent.

Un couple dans la rue

Un couple dans la rue, Tirage photo mat, dimensions variables, 2014-2015

En 2014 je réalise un travail dans une esthétique plus proche du photojournalisme et du rapport anthropologique, dans la série Un couple dans la rue. M’insérant alors petit à petit dans leur vie, j’en suis venu à en dégager une utopie personnelle du mendiant.

Par le prisme de la photographie j’essaie de réhabiliter le mendiant dans la société, le rendre à nouveau visible et comprendre sa situation afin de permettre aux gens de ne pas les oublier. Leur présence, occupant de plus en plus les espaces urbains, peut finir par entraîner une indifférence qui mène directement à ce que nous ne soyons plus conscients de leur existence. Malgré le fait qu’ils soient en marge de la société, ils sont comme nous des Hommes ou peut-être même plus, des sages qui savent tout de nos futiles déplacements quotidiens.

Sous nos pieds

Sous nos pieds, Tirage photo satiné, 42 x 29,7 cm, 2013-2014

Nous traversons nos villes sans plus d’attention à notre environnement immédiat, et encore moins à ce qu’il y a Sous nos pieds. Ces trottoirs parisiens sont alors donnés à voir dans une frontalité proche du point de vue de l’animal.

Des friches du quotidiens que nous foulons chaque jour, des architectures réduites qui évoluent par rapport aux saisons et changes d’aspect par les interactions que nous produisons avec eux. Les trottoirs pouvant être tout à la fois propres et entretenues comme sales et pollués. Des changements qui dépendent directement de l’habitant.

Regardez-moi cela-suffit

 

Regardez-moi cela-suffit, Tirage photo mat, 42 x 59,4 cm, 2013-2014

Je donne la parole aux hommes et femmes de la rue avec la série Regardez-moi cela-suffit, dans un moment où leur droit d’être sur la voie publique était remis en question par la municipalité de Marseille.

Pour les comprendre, il faut les écouter et interpréter leurs paroles ou leurs gestes, qui ne signifient pas la même chose dans notre monde que dans le leur. Ils appartiennent à un univers rempli de rites et de coutumes différents des nôtres. Une aura de mystère les entoure.