Le songe d’une nuit d’hiver

 

Le songe d’une nuit d’hiver, Tirage photo satiné, dimensions variables, 2014-2015

Le songe d’une nuit d’hiver, très inspirée des Migrants (2009) de Mathieu Pernot, leur donne une réelle dimension christique. Ces pauvres, ces gens, considérés comme des déchets par une partie de la population, ont commencé à avoir une image mythique pour moi, devenant des héros à l’image d’un Christ rédempteur, et par extension, des personnages légendaires, idéaux, faisant preuve de courage et d’abnégation.

Bien qu’ayant toujours été attiré par ces êtres « hors normes », j’en suis venu à vouloir créer un parallèle avec les images mythiques de notre inconscient, afin de les rendre visibles à travers mes photographies de mendiants.

Le mendiant n’est pas seulement le personnage du héraut, il est aussi le héros. En effet, le héraut est généralement un mendiant, un vagabond, mais il peut être aussi un dieu comme Hermès (dieu des mendiants) mais surtout, il peut être un dieu ayant pris l’apparence du pauvre. Et c’est avec cette apparence qu’il fait naître la figure du héros chez l’autre en tant que guide. Le héros se faisant vagabond, une confusion se crée alors entre les actes divins du personnage et l’apparence qu’il dégage. Apparence, toujours plus importante, car elle émeut par les sentiments contraires qu’elle peut évoquer, une dualité que l’on retrouve dans les figures du divin. Le mendiant fait figure de Christ sur terre puisqu’une identification physique entre les deux personnages se crée dans l’inconscient collectif. Le mendiant devient la figure du sage qui communie avec les dieux. Au cours de l’histoire cette image a donc été encouragée par l’église, ce qui a permis, un certain temps, de pérenniser la stature mythique du mendiant. Mais aujourd’hui, comme le héros en son temps, le sans-abri se veut une représentation directe de la condition humaine.